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Le traumatisme crânien constitue souvent un handicap invisible. Au delà des atteintes physiques les dimensions cognitive, psycho-affective et comportementale constituent des freins importants au retour de la personne à sa vie ordinaire et à ses relations familiales et sociales. Pour pouvoir accepter et aider la personne traumatisée crânienne dans ses différences il est nécessaire de bien comprendre quelles peuvent être ses difficultés invisibles.
Les rubriques développées dans cette page :
Les séquelles
:
Physique ;
Cognitive ;
Affectives ;
Comportementales ; La
récupération cérébrale ;
Difficultés fréquentes pour les
traumatisés crâniens et suggestion de moyens
d'action
Perception de soi
,
Fausses croyances
;
Isolement social ;
Tout faire trop
vite ;
Pousser à bout la famille
;
Difficultés cognitives
:
Diminution du
degrès de conscience ;
Confusion ;
Planification ;
Troubles de la mémoire ;
Troubles de la communication ;
Difficulté d'abstraction ;
Difficulté d'apprentissage
Difficultés affectives :
Irritabilité et agitation ;
Négativisme ;
Manque de contrôle ;
Dépression et retrait
social
Remerciements.
À la suite d'un traumatisme cranio-cérébral, la victime peut être atteinte de séquelles plus ou moins nombreuses, légères ou graves, pouvant se manifester dans une ou plusieurs des dimensions suivantes:
La dimension physique ; La dimension cognitive (déf.) ; La dimension Psycho-affective
La complexité des problèmes vécus par les personnes victimes d'un traumatisme cranio-cérébral provient du fait que le cerveau étant atteint, toutes les dimensions du comportement humain peuvent être altérées. Contrairement à ce qui se produit dans le cas de plusieurs autres types de blessés ce n'est pas seulement l'aspect physique qui est atteint, mais aussi l'aspect intellectuel et comportemental.
Il ne faut pas oublier non plus que toutes ces dimensions ou facettes du comportement humain s'influencent l'une l'autre. Par exemple, une perte de mémoire peut conduire à des comportements d'impatience; des déficiences physiques ou intellectuelles peuvent provoquer une dévalorisation de soi et une baisse de la motivation, etc. Cela explique en partie pourquoi l'intégration familiale, sociale, scolaire ou professionnelle peut causer certaines difficultés dans plusieurs cas de traumatismes cranio-cérébraux présentant une certaine gravité.
Quand on veut parler des suites ou des conséquences habituellement négatives d'un traumatisme ou d'une maladie, on utilise le mot séquelle. Les séquelles peuvent prendre la forme de déficiences (diagnostics médicaux, neurologiques ou autres) ou de limitations (difficultés dans la vie quotidienne résultant des déficiences).
Les paragraphes qui suivent décrivent un certain nombre de déficiences et de limitations qui surviennent à la suite d'un traumatisme cranio-cérébral pour chacune des dimensions que nous avons énumérées précédemment
Les déficiences et les limitations sur le plan physique se manifestent par des atteintes motrices, des pertes sensorielles ou autres.
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Paralysie complète unilatérale (hémiplégie) ou partielle (hémiparésie) |
Difficulté à se déplacer, à gravir les escaliers, à utiliser les membres atteints dans ses activités quotidiennes. |
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Trouble de l'équilibre |
Risque de chute, marche rendue difficile, peur de sortir seul. |
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Incoordination et lenteur |
Manque de précision et ralentissement des gestes et des activités. |
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Diminution de la précision et de la force |
Manque d'habileté, maladresse et fatigabilité. |
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Vue, audition, odorat |
Troubles visuels (diplopie, c'est-à-dire vision double), baisse de l'audition, bourdonnements, diminution de l'odorat, hallucinations sensorielles (ex.: sentir des odeurs ou entendre des sons inexistants). |
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Perte de sensibilité |
Risque de brûlures ou de blessures, s'il y a perte de la sensibilité au toucher, au chaud, au froid et à la douleur. |
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Céphalées (maux de tête), étourdissements, Épilepsie, troubles respiratoires |
Fatigabilité, frustration, perte d'autonomie, diminution des capacités d'intégration. |
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Facteurs associés |
Autres blessures ou facteurs ne relevant pas directement du dommage au cerveau mais compliquant le tableau clinique, comme les fractures multiples, les lacérations au visage, etc. |
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Troubles des fonctions réceptives ou difficultés à recevoir l'information (agnosie) |
Difficulté à saisir, à assimiler et à intégrer l'information, comme c'est le cas pour le sens des mots (aphasie), la reconnaissance des visages, etc. |
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Troubles de mémoire et d'apprentissage |
Difficulté à fixer, traiter et réutiliser l'information; affecte la mémoire à court, à moyen ou à long terme pour se souvenir ou reconnaître des informations connues ou en maîtriser de nouvelles. |
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Troubles de compréhension ou difficultés à traiter l'information reçue |
Difficulté d'abstraction, difficulté à organiser l'information, c'est-à-dire à effectuer toute opération mentale consistant à combiner deux ou plusieurs informations comme l'exigent le jugement, la pensée mathématique, la planification d'activités, l'initiative et la créativité. |
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Troubles des fonctions expressives ou difficultés à communiquer l'information reçue et traitée (apraxie) |
difficulté à communiquer ou à extérioriser l'information quand il s'agit de parler (aphasie), lire, écrire, compter, dessiner, faire des gestes ou des mimiques. |
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Troubles de régularisation cognitive et du degré d'activation ou du contrôle volontaire des activités cérébrales |
Lenteur du rendement, passivité, rigidité, persévération (problème à cesser une activité déjà commencée), difficulté à commencer une tâche, baisse de l'initiative, agissements par essais et erreurs. |
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Labilité ou variation de l'humeur |
Tendance à pleurer ou à rire de façon inappropriée ou sans raison, hypersensibilité, changement rapide d'un état émotif à l'autre sans motif apparent (tristesse ou euphorie). |
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Diminution des contrôles |
Réaction exagérée aux stimulations ou aux provocations, agressivité ou colère (verbale et parfois physique); manque de contrôle sur le plan sexuel, passage rapide à l'acte (sans réfléchir aux conséquences); baisse du niveau d'autocritique, imprévisibilité dans les actions, impulsivité. |
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Priorité des besoins primaires |
Comportements d'allure infantile, égocentriques et asociaux, peu d'empathie, diminution de la tolérance à la frustration ou aux délais (satisfaction immédiate des besoins). |
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Changement de l'image de soi |
Perception différente de soi, dépersonnalisation, dévalorisation, culpabilité; inaptitude à remplir ses rôles (familiaux ou autre) |
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Dépression |
Apathie, perte du goût d'agir, passivité, absence de motivation ou d'intérêt, détresse, dépendance, automutilation, idées suicidaires. |
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Exacerbation des traits de personnalité antérieurs |
Augmentation des troubles de caractère ou de personnalité qui existaient avant l'accident. |
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Diminution de l'autonomie intellectuelle |
Besoin de supervision concernant les décisions;
changements et réajustements, soit temporaires soit
à long terme, des rôles, du partage des
tâches ou des responsabilités dans le couple;
nécessité de répéter constamment
pour pallier les troubles de la mémoire. |
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Changement de personnalité et troubles de comportement |
Difficulté à " reconnaître " la
victime, à savoir " comment la prendre ";
difficulté à la contrôler, à
faire face à son agressivité, à sa
passivité ou à sa dépendance;
difficulté à répondre à ses
demandes inappropriées (nourriture, sexualité,
argent, éducation des enfants, fréquentation
scolaire, conduite automobile, etc.), altération des
relations interpersonnelles (ex.: entre les enfants et le
parent blessé, entre le conjoint et la victime et
entre les frères, les sœurs ou les amis s'il s'agit
d'un enfant traumatisé
cranio-cérébral); solitude du conjoint non
atteint; augmentation des problèmes
préexistants dans le couple (séparation,
divorce). Ralentissement ou même arrêt du
développement social selon l'âge ou le niveau
déjà atteint; réaction du milieu
axée plus souvent sur les problèmes de
comportement que sur les problèmes physiques ou
cognitifs; tendance du milieu à
réagir de façon punitive ou de façon
inappropriée; difficulté pour la victime de
conserver ses amis et de s'en faire de nouveaux; maintien de
certaines relations par charité avec la victime;
possibilité de régression de la victime sur le
plan des comportements sociaux qui sont souvent mal compris
par le milieu (ex.: désinhibition sexuelle); isolement
de la victime et de la famille sur le plan social;
difficulté à maintenir les relations
amoureuses chez les jeunes adultes et difficulté
encore plus grande à trouver "l'âme sœur" : les
séquelles sur tous les plans font peur et rendent
l'avenir incertain, surtout s'il est question de fonder une
famille. Contacts difficiles avec l'entourage, comportements incompris ou mal tolérés par le milieu. |
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Interruption des activités scolaires ou professionnelles |
Retrait du circuit des activités habituelles qui
permettent le développement social; perte de contact
avec les pairs et les collègues; obligation de
réorganiser son temps de façon
différente; la victime se sent à part des
autres, éprouve de la difficulté à
s'identifier à un groupe avec qui elle pourrait
éprouver un sentiment d'appartenance Intégration difficile à la suite d'une absence plus ou moins longue dans le monde scolaire ou professionnel; (les milieux scolaire et professionnel sont souvent mal préparés à recevoir la victime d'un traumatisme cranio-cérébral); changement de statut; lenteur et difficulté du processus d'intégration qui doit se faire par essais et erreurs avec le risque d'échec que, cela comporte. |
Le processus
de résorption du choc ;
La
récupération
spontanée ; Le changement de stratégie ; Les nouveaux apprentissages
Il existe un lien entre le cerveau et le comportement; cela semble plus facilement évident pour des fonctions sensorielles et motrices. Par exemple, une lésion cérébrale au niveau de l'aire motrice de l'hémisphère gauche pourra entraîner une paralysie de la main droite. Le lien entre le cerveau et le comportement, s'il existe pour les fonctions sensorielles et motrices, existe également pour les fonctions mentales supérieures (abstraction, jugement, mémoire, créativité, etc.) et les émotions.
Contrairement aux autres cellules du corps humain, les cellules du cerveau ne se régénèrent pas une fois qu'elles ont été détruites. C'est pour cette raison que certaines fonctions peuvent être irrémédiablement perdues à la suite d'un dommage cérébral.
Malgré le fait que les cellules détruites du cerveau
ne se remplacent pas, il y a tout de même une
possibilité de récupération des fonctions
atteintes. On ne comprend pas encore parfaitement ce qui se passe
dans le cerveau pour provoquer ces améliorations, mais on
pourrait cependant tenter d'expliquer cette réalité par
les hypothèses suivantes: ![]()
Difficultés fréquentes pour les traumatisés crâniens et suggestion de moyens d'action
À moins d'avoir été soi-même victime d'un traumatisme cranio-cérébral, il est impossible de se faire une idée de ce que cela peut représenter. Les contacts avec une personne qui a subi un tel traumatisme peuvent parfois devenir difficiles, provoquant de la fatigue, de la frustration ou même de la colère. Qu'on pense alors que l'expérience est probablement encore plus pénible pour la victime.
La victime d'un traumatisme cranio-cérébral vit l'une des expériences humaines les plus déroutantes qui soient. Souvent, en plus de la perte de l'intégrité physique, la personne doit aussi faire le deuil de son intégrité psychique. C'est dans une période de confusion mentale, avec un niveau de conscience diminué, une mémoire et un jugement déficients que la victime perçoit ses lacunes. Elle se sent perdue, angoissée, déprimée. Pour elle, tout est à recommencer: elle ne sait plus rien faire comme avant et elle se demande s'il ne vaudrait pas mieux mourir.
Contrôlant difficilement ses émotions, la victime se perçoit comme inutile ou incapable, se plaçant parfois dans des situations difficiles où elle ne sait plus comment réagir. Parfois en colère, parfois craintive et repliée sur elle-même, la personne ne se reconnaît plus, un peu comme si elle avait perdu son identité. Dans les cas graves, la victime d'un traumatisme cranio-cérébral devra "renaître", repartir à zéro, réapprendre à faire les moindres gestes de la vie quotidienne.
Le fait de devoir compter sur l'aide de tous et de chacun n'est pas facile à accepter non plus, particulièrement pour un adolescent ou un jeune adulte qui avait fait beaucoup d'efforts pour acquérir son autonomie avant l'accident.
Souvent, pour s'encourager ou pour nier la réalité,
les victimes ou les membres de leur famille peuvent s'attacher
à des mythes ou à de fausses croyances. Vivre avec une
personne victime d'un traumatisme cranio-cérébral n'est
pas chose facile, mais c'est en regardant la réalité
telle qu'elle est que l'on peut arriver à long terme à
s'en sortir le mieux. Cela vaut tant pour les proches que pour la
victime elle même. Certes, la réalité n'est pas
toujours simple à envisager. Il faut parfois du temps pour y
faire face, mais c'est uniquement en travaillant que l'on peut
arriver à changer quelque chose. Voici quelques fausses
croyances que l'on peut rencontrer dans le milieu des personnes qui
ont été victimes d'un traumatisme
cranio-cérébral.
Si l'on veut, on peut tout réussir. Alors, si la victime ne fait pas de progrès, c'est qu'elle ne veut pas assez. Il est vrai que pour réaliser quelque chose d'important, il faut être motivé, déterminé, mais le seul fait de le vouloir, même fortement, n'est pas suffisant pour y arriver.
Il faut d'abord que ce soit quelque chose de réalisable et,
ensuite, posséder les moyens pour y parvenir. Trop vouloir,
surtout sans que cela donne des résultats significatifs, peut
être frustrant, démotivant et peut diminuer le
degré de confiance en soi.![]()
Il peut être rassurant de croire que même avec un
cerveau lésé, l'être aimé pourra redevenir
comme avant. Il est vrai que le cerveau humain possède de
grandes ressources, mais elles ne sont pas illimitées.
L'expérience a démontré qu'un dommage
cérébral peut laisser des séquelles permanentes
malgré tous les efforts de la victime, de ses proches et des
professionnels responsables de sa
rééducation.![]()
Souvent, parce que nous sommes attachés à la
victime, nous avons de la difficulté à envisager
qu'elle puisse demeurer avec certaines séquelles. Nous pouvons
avoir l'impression que l'amour peut tout et que ce que
l'équipe traitante ne réussira pas, nous, nous pourrons
l'obtenir. Certes, il faut beaucoup d'amour et de patience,
d'abnégation et de courage de la part des membres de la
famille qui "accompagnent" une victime dans son processus de
rééducation et nous pouvons assister à des
résultats étonnants, justement grâce à
cette détermination d'un parent, d'un conjoint ou d'un ami.
Mais, il importe que ces efforts se fassent à bon escient, en
complémentarité avec ceux de l'équipe traitante.
Il faut aussi se donner le bénéfice du devoir accompli,
même si les résultats ne sont pas toujours à la
hauteur de nos aspirations.![]()
Nous pouvons avoir l'impression que la lenteur des progrès est due au manque d'efficacité du programme de traitement de la victime et que le jour où nous trouverons l'endroit où le programme "magique" l'impossible se produira. En fait, s'il importe d'avoir accès au meilleur programme de traitement disponible, il ne faut pas oublier que le rythme des progrès dépend surtout de la gravité du dommage cérébral et des limites de récupération du cerveau lésé.
Sans trop s'en rendre compte, les membres de la famille ont parfois tendance à s'isoler et à faire face seuls aux problèmes que rencontre la victime d'un traumatisme cranio-cérébral. Ils perdent ainsi contact avec l'équipe traitante. Ces difficultés les incitent à ne plus quitter la maison pour des raisons de surveillance et à ne plus recevoir d'amis de crainte de troubles de comportement de la part de la victime.
Suggestion de moyens d'action:
Dans son désir de bien faire et dans sa hâte de voir la victime aller mieux, la famille veut tout tenter à la fois et régler tous les problèmes en même temps.
Suggestion de moyens d'action:
Dans son désir de bien faire et dans sa hâte de voir la victime aller mieux, la famille veut tout tenter à la fois et régler tous les problèmes en même temps.
Suggestion de moyens d'action:
Dans un même milieu, une même famille, il est parfois difficile d'agir uniformément à l'égard de la victime, chacun y allant de son approche. La personne qui a subi un traumatisme cranio-cérébral a besoin de reconnaître la façon dont le milieu prend contact avec elle, afin de retrouver une certaine stabilité et une continuité dans la réalité qui l'entoure et à laquelle elle tente de s'adapter.
Suggestion de moyens d'action:
Au début du processus de récupération, la victime peut sembler plus ou moins consciente, réagissant peu ou mal à son environnement. Son degré d'éveil ou de conscience est fluctuant et souvent insuffisant pour lui permettre de se concentrer longuement sur une tâche donnée.
Pendant cette période, la capacité d'attention sélective est de courte durée. Elle constitue pourtant une condition préalable importante pour toutes les tâches intellectuelles.
L'attention sélective permet à la personne de porter son intérêt et de se concentrer sur un stimulus à l'exclusion de tous les autres. Cette capacité de mettre de côté les stimulations non souhaitables est amoindrie par certains types de dommages cérébraux. Dans certains cas, elle ne se manifeste que quelques secondes ou quelques minutes à la fois. Tout ce qui se passe attire l'attention de la victime qui est ainsi toujours distraite de la tâche à réaliser. Le flot de sa pensée vogue sans arrêt, ce qui provoque des échanges sans suite (coq-à-l'âne) et permet difficilement d'avoir une conversation suivie avec elle.
Suggestion de moyens d'action:
Dans les premières semaines ou les mois suivant le traumatisme cranio-cérébral, la victime est souvent confuse et désorientée. Elle peut mal s'orienter dans le temps et dans l'espace, se demandant où elle est, qui vous êtes et, dans les cas les plus graves, s'interroger sur sa propre identité. C'est un peu comme si elle se réveillait tous les matins dans un nouveau monde où tout serait à recommencer, à réintégrer.
Suggestion de moyens d'action:
Une fois que la victime a atteint un degré d'éveil suffisant, qu'elle est moins confuse et qu'elle peut se concentrer pendant une durée plus longue, elle est prête à entreprendre l'étape suivante, c'est-à-dire de réaliser un plan d'action. Cela suppose qu'elle puisse d'abord déterminer un projet, établir le plan qu'elle veut réaliser et ensuite l'exécuter en s'auto-corrigeant au fur et à mesure pour, enfin, atteindre son objectif.
Ce processus est beaucoup plus complexe qu'il ne semble à première vue. la victime est souvent incapable de prévoir le résultat de son action. Elle doit vivre l'échec ou affronter le milieu pour se rendre compte de son erreur. Habituellement, nous pouvons vivre l'expérience au niveau de la pensée et vérifier son résultat avant de passer à l'action. La victime d'un traumatisme cranio-cérébral n'est pas toujours capable de cette anticipation. C'est pourquoi son milieu est porté fréquemment à trouver qu'elle manque de jugement.
Suggestion de moyens d'action:
Les problèmes de mémoire sont peut-être les difficultés les plus fréquentes qu'on rencontre chez les victimes d'un traumatisme cranio-cérébral. La mémoire à court terme est souvent perturbée ce qui rend la vie quotidienne frustrante pour la victime et ses proches.
Suggestion de moyens d'action:
Un traumatisme cranio-cérébral peut entraîner des troubles de communication tant sur le plan de la réception que sur celui de l'expression Une rencontre avec un orthophoniste pourra aider les membres de la famille à comprendre les lacunes particulières à la victime et à intervenir de façon efficace.
Suggestion de moyens d'action:
Il est très fréquent que les personnes victimes d'un traumatisme cranio-cérébral éprouvent de la difficulté à tenir compte de plusieurs éléments conceptuels à la fois. Elles sont plus portées vers les choses concrètes de leur entourage que vers les idées. Dans leur réalité, il leur est souvent difficile d'intégrer plusieurs éléments à la fois, à plus forte raison si ces éléments sont des concepts abstraits. Ces personnes réagissent à un ou à quelques éléments de la réalité, sans tenir compte de l'ensemble. Cela provoque chez elles des erreurs de jugement et peut les mettre dans des situations embarrassantes et même dangereuses pour leur sécurité personnelle.
Suggestion de moyens d'action:
Les victimes d'un dommage cérébral causé par un accident éprouvent fréquemment des difficultés à assimiler des apprentissages nouveaux Cela est vrai notamment pour les personnes qui doivent retourner à l'école ou entreprendre un nouveau travail. Les troubles de mémoire, les difficultés à généraliser ou à intégrer de nouveaux apprentissages aux anciens et a s'en servir adéquatement sont autant de raisons qui nuisent aux apprentissages nouveaux.
Suggestion de moyens d'action:
Dans le processus normal de récupération, le phases d'irritabilité et d'agitation sont fréquentes. La victime peut devenir impatiente à la moindre occasion. Parfois, il est possible d'identifier la source de la frustration (ex.: échec dans quelque chose qui était très facile à réussir avant l'accident). Dans d'autres cas, l'entourage n'arrive pas toujours à comprendre le pourquoi d'un tel comportement. Comme les mécanismes d'inhibition sont affaiblis, les réactions sont moins contrôlées et paraissent souvent exagérées aux yeux des proches.
Il faut comprendre que ces tempêtes dans un verre d'eau sont la plupart du temps de cour durée. En effet, en raison de ses problèmes de mémoire, la victime oublie bien souvent la cause de sa mauvaise humeur.
Il ne faut pas se surprendre que ce soit habituellement les personnes qui aident le plus la victime qui reçoivent le plus de critiques de sa part.
Le fait d'être près de la victime et en interaction constante avec elle augmente les risques de friction.
Suggestion de moyens d'action:
Le négativisme ou le fait de s'opposer et de dire non continuellement peut être une façon pour la victime de s'affirmer. Parfois, cela peut être sa seule manière de contrôler d'une certaine façon son environnement. Les victimes d'un traumatisme cranio-cérébral sont très sensibles à la critique et aux échecs. C'est la loi du tout ou rien qui s'applique. Le moindre petit échec peut leur enlever le goût et la motivation de, poursuivre ce qu'elles ont entrepris.
Suggestion de moyens d'action:
Les victimes de traumatisme cranio-cérébral peuvent avoir de la difficulté à retenir leurs impulsions. Elles passent tout de suite à l'action sans retenue ou sans autocritique, ou encore, elles ne se rendent pas compte des effets de leur comportement sur leur entourage.
Suggestion de moyens d'action:
Conscientes de leurs difficultés et de leurs limites, certaines victimes se découragent, abandonnent toutes les activités de rééducation et peuvent même avoir des idées suicidaires. Parfois leur milieu peut les rejeter parce qu'il est difficile de vivre avec elles en raison de leur agressivité ou de leur égocentrisme, ou encore les laisse à elles-mêmes parce qu'elles sont apathiques ou passives. Il arrive également qu'elles provoquent elles-mêmes une sorte de retrait social en s'isolant de leur famille ou de leurs proches.
Suggestion de moyens d'action:
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